Le dimanche, c'est un jour autre. Même le soleil est différent...
Yves Montand

"Il faut bien commencer quelque part !"

Où l'on découvre un roi de France qui a la trouille.

La gare du Pecq avec le bâtiment Voyageurs construit en 1847, carte postale du début des années 1900

1830. À Paris, on commence à être jaloux du succès du chemin de fer entre Saint-Étienne et Lyon. Dans la capitale aussi, on veut pouvoir tester ce nouveau mode de transport. Mais par où commencer ?

D’abord, il faut trouver le trajet idéal. Premier critère ? Un endroit prisé des parisiens le week-end. Second critère ? Une trajectoire bien plate et bien droite ! À l’époque, on ne sait pas très bien comment faire avancer les trains sur des terrains compliqués. On opte donc pour la construction de la ligne Paris-Saint-Germain-en-Laye. Mais le terminus est finalement au Pecq, car les locomotives sont bien incapables d’affronter l’ascension de la côte finale.

Il faut jouer avec un budget serré. Pas d’argent pour construire les deux ponts nécessaires en pierre ? On mettra plutôt des ponts en bois. Et au lieu de construire deux voies ferrées parallèles, on n’en fera qu’une seule ! Voie unique : impossible que deux trains se croisent donc.

Quatre ans plus tard, 18 000 parisiens inaugurent enfin ce trajet… mais sans le Roi. Ses ministres l’ont découragé de monter à bord de ce premier train, qu’ils trouvent bien trop dangereux !

Cette toute première ligne ferroviaire de 19 km marque l’entrée de l’Île-de-France dans la Modernité. Aujourd’hui, elle fait partie du RER A, la ligne la plus fréquentée d’Europe, avec ses 1,2 million de voyageurs chaque jour ! 

Franz Xavier Winterhalter, Portrait du roi Louis Philippe 1er, 1839, huile sur toile, 260 x 90 cm, Musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, Versailles