Le vrai courage, c'est celui de trois heures du matin.
Napoléon Bonaparte

"La femme de l’ombre"

Où l’on découvre qu’un train peut cacher un métier.

Illustration Artips

Un matin en semaine, alors que pointe l'aube, Quentin est déjà sur le quai de la gare. Depuis qu'il a repris la boulangerie familiale de Chaville, il fait des allers-retours entre la boutique et son domicile. Et cela, tôt le matin et tard le soir pour satisfaire tous les gourmands !

À force de faire le même trajet, il a repéré un curieux manège. En effet, tous les soirs, alors qu'il emprunte un pont qui passe par-dessus les voies pour rentrer chez lui, il voit une jeune femme en gilet orange sur les quais. Celle-ci visite les rames à quai, comme pour s'assurer que tout va bien et que rien ni personne n'est resté dedans. Habitué à observer cette petite ronde, Quentin est même désormais soulagé quand il l'aperçoit : il sait que quelqu'un veille au bon état des trains qu'il prend le lendemain.

Un matin, il arrive très en avance à la gare. Il aperçoit son train s’approcher du quai, et ça alors : c'est la jeune femme qui est en cabine ! Elle semble parler à la radio. Finalement, le conducteur habituel descend de l'autre côté du train. C'est bien sûr ce dernier qui conduit le train, et la jeune femme le guide depuis l'autre bout de la rame pour reculer. Quentin réalise qu’elle s'occupe de son train tous les matins avant le départ, ou tous les soirs, à la fin du service. Il vient de découvrir le métier d’agent de production Transilien.

Agent de production Transilien inspectant la rame / Photo : © Matthieu Raffard